Quatre journées de course n’ont pas entamé la forme de la Fiat 600 D. Au départ d’Aix-en-Provence, où l’avait menée l’étape de la veille, rien n’est pourtant joué : trois spéciales l’attendent sur la route de Nice, dont la plus redoutée pour un « bolide » de 29 chevaux, celle du col de Turini, dans les Alpes du Sud. Pour cette ultime journée du Tour Auto 2018, le road book passe entre les mains de Guillaume de Gaillard, dont le père, François de Gaillard, pilote la Peugeot 203 déjà croisée à Dijon-Prenois et dans les Alpes.
Les falaises de l’Esteron
Le soleil est de nouveau de la partie. Le matin, le parcours longe les falaises de la vallée de l’Esteron, un décor grandiose que les équipages traversent sans relâcher le rythme. À l’approche de la première spéciale, la tension monte d’un cran : c’est maintenant que se gagnent les dernières secondes du classement général.
Le public y assiste à une scène spectaculaire : la Ford GT40 grise de James Cottingham, en tête de la compétition, effectue un double 180 et parvient malgré tout à garder sa place. Le sort la rattrapera plus tard : une panne lors de l’ultime spéciale l’obligera à abandonner, alors qu’elle menait depuis le début de la semaine. Sur le Tour Auto, voir l’arrivée est déjà un défi.
Frayeur au col de Vence
Sur la route du col de Vence, la 600 D montre ses premiers signes de fatigue. Inquiet, Thomas lève le pied pour l’épargner. À 927 m d’altitude, à quelques mètres seulement du col (962 m), la Fiat s’arrête net, et la panique gagne l’équipage. L’endroit est mal choisi, en pleine montagne, à quelques minutes du départ de la spéciale suivante. L’assistance de l’Atelier 46, qui veille sur la Fiat depuis le départ, intervient en un éclair : le plein est refait et la voiture repart sans perdre trop de temps. L’espace de quelques minutes, l’équipage a cru Nice hors de portée ; le voici de nouveau en course, entre une Ferrari 275 GTB et une Jaguar Type E.
Turini, trop vite pour la régularité
Reste la dernière spéciale de ce Tour Auto : le col de Turini. Thomas et Guillaume savent ce qui les attend, des montées très raides et des épingles serrées, et les habitants du coin ne font que confirmer leurs craintes. Il faut tout donner une dernière fois. Le chrono lancé, la 600 D part comme une flèche. Pilote expérimenté, Thomas se montre plus concentré que jamais, guidé pas à pas par son copilote, et la petite Fiat surprend le public par son élégance autant que par sa vitesse.
Au tableau des temps, toute l’équipe doit relire deux fois : la Fiat boucle la spéciale avec 6 min 30 s d’avance. Une prouesse pour une si petite voiture, mais un contresens complet en régularité, où il faut tenir une moyenne imposée et non aller plus vite. Personne n’imaginait une 600 D de 29 chevaux aussi rapide sur ces pentes. L’écart se paie : dans son classement de régularité, la Fiat recule au 4e rang.
Place Masséna, la fin du voyage
Vient enfin l’arrivée, place Masséna, où une foule nombreuse accueille les concurrents par ses vivats. La régularité compte plusieurs classements, selon la moyenne imposée à chaque catégorie : dans le plus favorable, la 600 D termine 4e, son résultat le plus flatteur de cette édition. Pour Thomas, l’objectif n’est pourtant qu’à moitié atteint, car elle ne bat pas sa 27e place de l’an dernier ; mais elle va au bout. Face aux Ferrari et aux Porsche du plateau, la plus petite voiture du Tour Auto a encore impressionné bien des concurrents. De Paris à Nice, par les Alpes et la Provence, et malgré le départ d’Eva Colas la veille, l’aventure humaine se referme dans la joie. La « Fanalona » peut se reposer, la tête dans les étoiles.
Pour aller plus loin
Le dernier chapitre de ce Tour Auto, tel que l’a écrit Guillaume de Gaillard pour LesVoitures.fr :
Le film de la Fiat 600 D sur le Tour Auto 2018 :
La rubrique Tour Auto de LesVoitures.fr suit le rallye historique d’une édition à l’autre. La page de la participation au Tour Auto 2018 retrace tout le parcours, de Paris à Nice, et huit jours après l’arrivée, l’émission Turbo de M6 revenait sur le rallye avec la 600 D et son équipage. L’hiver suivant, la petite Fiat s’attaquait à la neige du Monte-Carlo Historique 2019.




